Proposition de loi "morts pour la paix et la liberté d’informer"

19-nov-2014

Mercredi 4 février, le Sénat a terminé l’examen de la proposition de loi, déposée le 16 décembre 2013 par Leila Aïchi, visant à instaurer une journée d’hommage aux humanitaires morts pour la paix et aux journalistes morts pour la liberté d’informer.

La Sénatrice a pris la parole pour rappeler les enjeux autour de ce texte qui font involontairement échos aux évènements dramatiques qui ont frappé la France en ce début d’année.

En outre, la Sénatrice Aïchi a regretté la position du gouvernement ainsi que ceux des différentes groupes politiques qui, tout en saluant l’esprit du texte, n’ont pas donné une suite favorable à cette initiative.

Ainsi, la proposition de loi de la Sénatrice n’a pas été adoptée par la Chambre Haute

Pour mieux comprendre les enjeux autour de cette proposition de loi: http://ecologistes-senat.fr/morts-pour-la-paix-trois-questions-a-leila-aichi/

L’intervention de Leila Aïchi lors du début de l’examen de sa proposition de loi le 19 novembre 2014: http://www.senat.fr/seances/s201411/s20141119/s20141119014.html#int1475

Ci-dessous, l’explication de vote de la Sénatrice, ce mercredi:

Mes chers collègues,

Très honnêtement, il me semble que les humanitaires et les journalistes victimes de la barbarie méritaient mieux que trente minutes à Villacoublay…

Je me permets de vous rappeler le texte de l’article unique de la présente proposition de loi : « Le 21 septembre, Journée internationale de la paix, décidée le 30 novembre 1981 en vertu de la résolution 36/67 de l’Assemblée générale des Nations unies, il est rendu hommage aux travailleurs humanitaires morts pour la paix et aux journalistes morts pour la liberté d’informer. »

Ce texte fait involontairement écho aux événements dramatiques qui ont frappé la France en ce début d’année 2015 et qui ont profondément marqué notre pays. Le hasard du calendrier législatif a voulu que nous terminions aujourd’hui l’examen de cette proposition de loi, déposée voilà plus d’un an sur le bureau du Sénat. Je ne m’en réjouis pas, soyez-en sûrs.

Toutefois, la position du Gouvernement et celle des différents groupes politiques dont les orateurs se sont exprimés aujourd’hui me semblent regrettables. Nous nous sommes tous indignés, à raison, au lendemain des attentats. Pourquoi ne pas accorder cette journée, qui ne coûterait rien et qui signifierait beaucoup ?

Personne ne devrait mourir pour ses idées.

Personne ne devrait mourir pour avoir voulu informer.

Personne ne devrait mourir pour avoir voulu aider.

Personne ne devrait mourir pour avoir défendu les valeurs qui sont les nôtres.

À travers ce texte, il s’agit de reconnaître et d’encourager le travail de tous les défenseurs des droits humanitaires et des libertés fondamentales, partout où ils se trouvent.

Gardons à l’esprit que près de 700 travailleurs humanitaires ont été tués entre 1990 et 2000.

Entre janvier et novembre 2014, 58 journalistes ont perdu la vie. Nous le savons tous, et nous ne pouvons que nous en attrister, ce chiffre a encore augmenté depuis le début de cette année.

La commission des affaires étrangères a reconnu que cette proposition de loi était un geste symbolique, un acte de sensibilisation et une reconnaissance solennelle.

En ces temps troublés, je vous demande de regarder le monde tel qu’il est aujourd’hui. Il est de notre responsabilité de rendre hommage au courage de celles et ceux qui s’engagent, au quotidien, au service de la démocratie et du respect des droits de l’homme. Ces femmes et ces hommes sont engagés au service de la paix.

Tous sont des défenseurs de la démocratie.

Tous jouent un rôle central dans l’édification de sociétés moins violentes, en France et dans le monde.

Je conclus en citant un extrait de l’acte constitutif de l’UNESCO ayant inspiré la résolution 36/67 adoptée le 30 novembre 1981 par l’Assemblée générale des Nations unies : « De même que les guerres prennent naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevés les défenseurs de la paix. »

Oui, mes chers collègues, c’est bien des défenseurs de la paix qu’il s’agit aujourd’hui !