Délégation sénatoriale au Brésil

By 17 septembre 2014 Actualité No Comments
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Dans le cadre du groupe d’amitié France-Brésil, la Sénatrice Leila Aïchi a participé à une délégation sénatoriale au Brésil du 1er au 9 septembre. Ce déplacement avait pour thèmes principaux l’agro-écologie, l’environnement et l’égalité entre les hommes et les femmes. Les Sénateurs se sont rendus à Brasilia, Sao Paulo, Belo Horizonte et Rio de Janeiro.

La Sénatrice a multiplié les rencontres avec des représentants politiques et institutionnels tels que Walter Bianchini, Secrétaire à l’Agriculture familiale et Nadia Campeao, Maire Adjointe de Sao Paulo. En outre, la délégation sénatoriale s’est attachée à rencontrer les représentants de la société civile et les ONG qui militent dans les domaines de l’agriculture, de la santé et de l’égalité homme-femme.

Dans le domaine de l’agriculture, la Sénatrice a été particulièrement interpellée par sa rencontre avec le Mouvement des sans-terres, organisation brésilienne portant la voix des travailleurs ruraux afin de permettre à ces derniers d’obtenir des terres pour cultiver.

En effet, le Brésil est parmi les pays où la concentration foncière est la plus élevée : 73,7% des paysans, petits propriétaires, disposent de 12 % de terres, pendant que 0,8 % des paysans en possèdent à eux seuls 31,7 %[1]. En effet, deux modèles d’agriculture coexistent: l’agriculture paysanne et l’agriculture d’exportation (ou agro-business). Cette dernière exerce une pression importante sur les ressources naturelles et continuent de s’étendre. Au cours de la dernière décennie, d’immenses étendues de terres ont été concédées, vendues ou louées à des entreprises agro-industrielles, des opérateurs financiers et des fonds d’investissement. Ce phénomène a notamment été aggravé par les crises alimentaires, financières et climatiques de ces dernières années, crises qui sont amenées à s’intensifier. Face à ces phénomènes, les paysans expropriés de leurs terres sont démunis.

Sur le volet environnemental, la Sénatrice a également pu s’entretenir avec les membres du Mouvement Anti-barrage au Brésil qui luttent contre la multiplication des projets de grands barrages hydro-électriques.

Alors que les conséquences catastrophiques de tels projets sur l’environnement et les populations locales sont inévitables, 60 complexes de barrages sont prévus dans les prochaines décennies. Ces barrages vont inonder des centaines de km2 de terres, vont forcer des milliers de personnes à migrer et vont aggraver la déforestation. Si la décision d’un tribunal fédéral, visant l’insuffisante consultation des populations indigènes, avait permis l’arrêt de la construction du barrage de Belo Monte en août 2013, cette décision a été par la suite infirmée par le Cour Suprême permettant ainsi aux travaux de reprendre. C’est donc un réel scandale environnemental et social qui se joue actuellement dans le « poumon vert » de la planète.

Enfin, la Sénatrice a été touchée par le combat mené par la Marche Mondiale pour les Femmes au Brésil.

En effet, les femmes sont les premières touchées par la violence au Brésil. Dans son dernier rapport de 2013, Amnesty International considère que les droits sexuels et reproductifs des femmes continuent d’y être menacés. En outre, l’exploitation sexuelle est une réalité au Brésil, non seulement dans les villes mais également aux abords des grands chantiers de construction installés au cœur de l’Amazonie Brésilienne. En effet, l’association a constaté que la prostitution augmentait sensiblement aux alentours des chantiers de barrages, comme celui du barrage de Belo Monte, où près de 28 000 ouvriers travaillent.

L’ensemble de ces rencontres a permis à la Sénatrice de mieux appréhender la grande diversité et la complexité de la société brésilienne. Elle a pu ainsi se rendre compte du travail considérable effectué par les ONG et associations qui luttent, au quotidien, contre les inégalités économiques, sociales, politiques et environnementales.

Le compte-rendu du Sénat sera bientôt disponible.