Colloque sur l’Europe de la défense à l’occasion de la parution du Livre vert

By 18 février 2014 Actualité No Comments
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AFP, 14 février 2014

Écolos et militaires ensemble au Sénat pour la Saint-Valentin
Les écologistes et les militaires ont fêté la Saint-Valentin côte à côté vendredi au Sénat, avec en vedette l’écolo Daniel Cohn-Bendit et le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Bertrand Ract-Madoux, pour une rencontre inédite sur l’Europe de la Défense.
C’était une première en France à ce niveau. Des Verts et des militaires de haut rang à la même table, à l’invitation de la sénatrice écologiste de Paris Leila Aïchi.
Des écologistes, longtemps crispés dans le pacifisme, l’anti-militarisme, l’opposition au nucléaire, et des officiers en grand uniforme invités à débattre à l’occasion de la publication du « Livre vert de la défense ».
La rencontre improbable « du Grand Duduche et de l’adjudant Kronenbourg » – le baba et le para – les deux personnages antinomiques de Cabu, a souligné l’un des participants.
« L’important, c’est que ce colloque ait lieu, que se rencontrent les représentants de l’armée, qui est aujourd’hui plébiscitée par l’opinion publique, et les écologistes, sans doute un peu plus à la peine en ce moment », a affirmé Gilles Lacan, président d’Écologie Sans Frontière, en ouvrant les débats.
Au centre, le général Ract-Madoux, 61 ans, Saint-Cyrien, 41 ans de service, a noté « le goût commun et prononcé pour la couleur verte » qui rapproche les écolos et les militaires.

‘Je n’ai jamais été pacifiste’

A sa gauche, Daniel Cohn-Bendit, 68 ans, député européen, ex-porte-parole de la révolte étudiante de mai 1968. Ecolo, mais pas pacifiste pour autant. « Je n’ai jamais été pacifiste, affirme-t-il. Je suis né le 4 avril 1945, j’ai été conçu par mes parents quand ils ont appris le débarquement en Normandie. Je suis l’enfant d’une intervention militaire ».
« En 1993 à Sarajevo, nous aurions pu nous rencontrer », lance-t-il à son voisin. Le général Ract-Madoux participait alors à la première mission militaire européenne en ex-Yougoslavie, où il a vu mourir les premiers soldats en opération sous le drapeau européen. L’élu écologiste militait pour une intervention internationale pour protéger les populations civiles.
Sur le fond, le général Ract-Madoux souligne les « réelles avancées » de l’Europe en matière de défense et l’importance des missions de l’UE sur le terrain. « L’exemple centrafricain nous montre qu’il faut des troupes au sol en nombre suffisant », glisse-t-il.
Daniel Cohn-Bendit plaide quant à lui pour la constitution d’une vraie « armée européenne ». Persuadé, dit-il, que « dans 30 ans, on ne parlera plus de l’armée allemande, de l’armée française ou de l’armée italienne, mais des capacités d’intervention de l’armée européenne ».
Dans la « sous-commission Défense et Sécurité » qu’il préside au Parlement européen, le député Arnaud Danjean a « des élus Verts qui n’ont pas peur du kaki », dit-il. « Mais ce sont plutôt des Verts allemands », plus ouverts sur ces questions que leurs homologues français.
Réunir des écologistes et des militaires sur une même estrade permet de « mieux travailler ensemble dans le respect des idées de chacun », s’est félicité le sénateur UMP Jacques Gautier.
Et le général Ract-Madoux a ponctué son intervention par une note d’espoir : « Il ne faut pas désespérer de tout ». Ni de l’Europe de la défense, ni des relations entre les écologistes et les militaires.